Les ordures s’entassent à Mascara

Le manque flagrant de moyens de ramassage et de transport des ordures ménagères se pose avec acuité dans l’entreprise de collecte des ordures ménagères Proprec de Mascara, ce qui a engendré une situation d’insalubrité dans les rues de toutes les communes.

Selon des sources de cette entreprise embourbée dans de graves problèmes financiers depuis quelques années, la mission des éboueurs devient de plus en plus difficile, pour ne pas dire impossible, dans certains cas.

Le parc mobile de l’entreprise est presque en panne. «Rares sont les camions destinés au transport des ordures qui continuent à rouler. On bricole avec ce qu’on a sous la main», nous relate un chauffeur d’un camion, dont les freins risquent de ne plus répondre.

Sur la page Facebook, un employé de l’entreprise lance un appel aux dons pour l’acquisition d’un filet de pêche, de buts de football ou autre couvert, pour retenir les ordures ménagères et autres débris et éviter leur envol des camions à bennes débordés.

De leur côté, les citoyens crient leur ras-le-bol de voir leurs ordures ménagères s’accumuler à l’intérieur ou devant leurs habitations faute d’un ramassage régulier. Pour se débarrasser de leurs poubelles, de nombreux citoyens les jettent dans la nature, notamment sur les bords des routes et dans les forêts, ce qui a engendré une prolifération de décharges sauvages.

Pour combler le déficit en moyens de ramassage et de transport des ordures ménagères, les responsables de l’entreprise Proprec ont fait appel à des entreprises privées qui mettent en location des camions à bennes-tasseuses.

Cette initiative n’a pas connu le succès escompté parce que le problème de l’accumulation des déchets de tous genres persiste dans les rues et autres quartiers de nombreuses localités de la wilaya. L’environnement urbain va mal et ne semble pas près de s’améliorer.

Souag Abdelouahab



Les pollueurs sévissent à Mascara

Les pollueurs continuent de déverser des quantités incroyables de différents déchets résultant des activités industrielles et agricoles, notamment l’aviculture, dans les forêts et les cours d’eau de la wilaya de Mascara.

Le phénomène, qui est particulièrement répandu dans la région de Mamounia et dans d’autres localités limitrophes, est plus visible le long de la RN 17 A, reliant Mascara à Mohammadia, en passant par Mamounia, qui s’est transformée en véritable dépotoir à ciel ouvert.

Divers déchets, notamment de poulets de chair, jonchent les abords de la route et génèrent des odeurs nauséabondes de forte intensité.

Sans aucun respect de l’environnement, les pollueurs, selon des témoignages, profitent de la tombée de la nuit pour jeter toutes sortes de détritus, dont des quantités importantes de déchets de poulets de chair dans les lits de l’oued traversant la RN17A.

«La pollution de l’environnement dans les monts de Béni Chougrane a atteint des proportions inquiétantes. Les pollueurs, dont les abatteurs clandestins, jettent leurs déchets sans aucune gêne ni respect pour la nature», témoigne un apiculteur de Mamounia.

Souag Abdelouahab



De l’énergie solaire pour éclairer les écoles à Mascara

L’école primaire, baptisée du nom du chahid Debdab Larbi, à Hacine, à 20 km de Mascara, sera alimentée à l’énergie solaire dès la rentrée scolaire 2018/2019. Des travaux d’installation de panneaux photovoltaïques et autres systèmes devront être entamés, incessamment, pour que cet établissement scolaire pilote produise sa propre électricité.

Financé par la Caisse de solidarité et de garantie des collectivités locales, le projet, venu en application des instructions du ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, sera généralisé à toutes les écoles et autres établissements scolaires des paliers du moyen et du secondaire de la wilaya, d’ici trois ans.

L’objectif de cette opération, nous dit-on, vise la rationalisation de la consommation de l’énergie, la promotion de l’utilisation des énergies renouvelables et la protection de l’environnement. «D’autres structures publiques, comme les mosquées et autres institutions administratives, seront également équipées de kits photovoltaïques.

Même le réseau d’éclairage public sera également alimenté par l’énergie solaire. Tout cela nous permet de supprimer le lourd fardeau des factures de consommation de l’énergie électrique qui pèse sur les budgets des communes», nous dit-on.

Souag Abdelouahab
Journaliste El Watan à Mascara 

 



L’APC de Mascara secouée par un scandale de détournement

Les jardins de la ville ont été cédés à des proches des élus et autres fonctionnaires de l'administration. Même les sois-disant hommes d'affaires ont pris leur part.

Le siège de l’APC de Mascara.

Les scandales continuent de secouer l’APC de Mascara. Cette fois-ci par une affaire de détournement de la somme dépassant les 630 millions de centimes du compte des œuvres sociales de la commune. 

Sur instruction du parquet de Mascara, plusieurs personnes dont des anciens fonctionnaires, des syndicalistes et autres élus ont été auditionnées par les enquêteurs de la police judiciaire de la Sûreté de wilaya de Mascara. « La liste des personnes à interroger par les policiers est longue», nous dira une source de la mairie de Mascara. 

Et d’ajouter : «L’affaire de détournement a éclaté au grand jour après une plainte déposée auprès du tribunal de Mascara par un fournisseur de produits électroménagers qui réclamait son argent.»

Selon les informations qui circulent dans les couloirs de la mairie, un fonctionnaire parmi les gestionnaires de la commission des œuvres sociale aurait détourné l’argent des travailleurs dont le montant dépassant les 630 millions de centimes vers son compte.

Cette affaire, faut-il le mentionner, intervient au moment où des voix s’élèvent contre ce qu’il a été qualifié de «privatisation des jardins publics.» 

Selon des sources de la mairie, une vingtaine de jardins publics ont été cédé à des proches des élus et autres fonctionnaires de l’administration locale. 

Souag Abdelouahab
Journaliste d’El Watan à Mascara



Pénétrante autoroutière de Mascara : Un chantier qui s’éternise

La pénétrante autoroutière de Mascara

La pénétrante autoroutière de Mascara

Les travaux de réalisation de la pénétrante autoroutière reliant l’autoroute Est-Ouest à la ville de Mascara, sur une distance de 43 km en 2 x 3 voies, accusent un énorme retard et risquent de s’éterniser.

Après trois ans et demi de son lancement, le projet, confié à deux groupements d’entreprises, est à 55 % d’avancement, selon un communiqué de la wilaya de Mascara.

Ce qui est choquant, c’est que ledit taux d’avancement des travaux n’a progressé que de 3% depuis le 23 mars 2017, jour de la visite de travail effectuée par l’ex-wali, El Affani Salah, où il nous a été communiqué un taux de 52% !

«Les travaux étaient presque à l’arrêt faute de financement», nous dira, ce dimanche, un cadre de la wilaya.

Pourtant, une enveloppe financière conséquente estimée à plus de 35 milliards de dinars a été dégagée pour la construction de cette infrastructure autoroutière qui comprend la réalisation de cinq échangeurs, 18 ouvrages d’art, 5 viaducs dont un qui atteindra les 1850 mètres et 25 ouvrages hydrauliques, dans un délai de 24 mois. «Les huit entreprises réalisatrices n’ont pas respecté les délais de livraison et ont failli à leurs engagements. Les travaux accusent de lourds retards.

Chose pour laquelle des mises en demeure ont été prononcées, en vain», ajoute notre source. Au mois de juillet 2017, la direction générale de l’Algérienne des autoroutes a mis en demeure les deux groupements d’entreprises «de relancer les travaux arrêtés sans motif valable, de renforcer les chantiers en moyens humains et matériels, d’approvisionner le chantier en matériaux de construction et de respecter les engagements contractuels en général».

Passé le délai de 60 jours, «le maître de l’ouvrage se réserve le droit de prendre les mesures coercitives prévues par la réglementation en vigueur, notamment la résiliation aux torts exclusifs du titulaire du marché», lit-on dans l’une des mises en demeure adressées aux groupements d’entreprises.

Le projet de cette pénétrante autoroutière de Mascara, faut-il le souligner, est scindé en deux lots. Le premier s’étend sur 25 km et relie l’autoroute Est-Ouest au niveau de l’échangeur de Sig à l’échangeur de Hacine.

Les travaux de sa réalisation, actuellement à 64% d’avancement, sont confiés à un groupement algéro-chinois composé de 4 entreprises (Seror, Sntp, SNC Mezoughi et fils et Shandong Luqiao group Co Ltd) pour un montant de 15 753 161 349, 58 dinars.

Quant au second lot, il s’étend sur 18 km et relie Hacine à l’échangeur de la RN17 à Tizi, les travaux de son exécution qui sont à 48%, sont également confiés à un groupement algéro-espagnol composé de quatre entreprises (Sarl Benzamia, Irrigout, LIC et CHM) pour un montant de 19 408 747 637,70 dinars.

Le 5 juin dernier, nous avons appris que le wali de Mascara, Lebka Mohamed, en visite d’inspection du chantier routier, n’a pas mâché ses mots en dénonçant les retards considérables accusés dans la réalisation du projet qui a pour objectif de traiter les points noirs, dont des virages dangereux existants sur le tronçon reliant la ville de Mascara à celle de Sig passant par Hacine qui enregistre un trafic de plus de 25 000 véhicules par jour.

Par Souag Abdelouahab

Journaliste d’El Watan 



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L’étrange communiqué de soutien au wali de Mascara

Les députés de Mascara : "Le wali s'est sacrifié ainsi que tout ce qu’il a de précieux pour rehausser le statut de Mascara." !!!!

Les députés de Mascara : « Le wali s’est sacrifié ainsi que tout ce qu’il a de précieux pour rehausser le statut de Mascara. » !!!!

Un étrange communiqué de soutien au wali de Mascara, Lebka Mohamed, portant les signatures de neuf députés et deux sénateurs de la région, suscite de nombreux commentaires, notamment sur les médias sociaux, depuis qu’il a été rendu public avant-hier. 

Les «présumés» signataires du communiqué ont écrit : «Le wali de Mascara fait l’objet d’une campagne féroce menée par des inconnus et des intrus ainsi que des opportunistes qui veulent nuire à sa réputation et à celle de la wilaya !» 

Et d’ajouter : «Nous, les députés et représentants du peuple, lui apportons notre soutien contre cette campagne acharnée, sans précédent, orchestrée contre lui par certaines personnes qui se sont mises au-dessus de la loi et se sont montrées ingrates envers cet homme qui s’est sacrifié ainsi que tout ce qu’il a de précieux pour rehausser le statut de notre wilaya.» Qui sont ces inconnus, intrus et opportunistes qui s’acharnent sur le wali de Mascara ?

La réponse est surprenante : aucun des signataires dudit communiqué de soutien n’a pu les identifier ! «Nous ne savons pas qui sont exactement ces personnes qui mèneraient une cabale contre notre wali, mais toujours est-il que nous nous élevons contre toute tentative de déstabilisation du wali qui aurait des conséquences sur le processus de développement de notre région», nous ont déclaré les signataires, contactés par téléphone.

En outre, l’un des auteurs du communiqué nous a clairement fait savoir que tout ceci est une allusion claire à l’un des parlementaires dont la signature ne figure pas sur le document en question qui, avec quatre autres signataires, auraient adressé une correspondance au ministre de l’Intérieur dans laquelle ils auraient déclaré avoir essuyé une fin de non-recevoir après avoir introduit des demandes d’audience auprès du wali ! De quoi s’agit-il exactement ? Y a-t-il des intérêts occultes derrière cette sortie qui s’apparente à un scénario d’Alfred Hitchcock ?

Par : Souag Abdelouahab

Journaliste et chef de bureau du journal El Watan

À Mascara.

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Pourquoi annuler le projet du Centre anti-cancer de Mascara ?

Où sont les députés et les sénateurs de la wilaya de Mascara ? Que font les élus de l’APW de Mascara ? Ces gens sont payés pour servir leur région et leurs concitoyens. Le cancer continue de faucher des milliers de vies dans la wilaya de Mascara sans que ces élus réagissent.

En 2015, le nombre de personnes atteintes de différents types de cancer était de 5026, dont 2606 hommes et 2420 femmes. Le chiffre a été avancé lors de la visite de l’ex-ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, le 26 janvier 2017.

Le nombre est sans doute plus élevé actuellement. L’ex-directeur de la santé, Dr Abdelkarim Mohamed El-Habib, nous a révélé : «Mascara enregistre, chaque année, une moyenne de 310 nouveaux cas de cancer, tous types confondus». D’autres sources hospitalières avancent un chiffre alarmant : «Plus de 500 cas par an !»

Un document en notre possession révèle que, chez les hommes, les cancers de la prostate, des bronches, de la vessie, de l’estomac, du pancréas, du côlon, du cerveau et du foie sont les plus courants. En 2015, sur les 2606 hommes, 497 étaient atteints du cancer de la prostate, 450 du cancer des bronches, 225 du cancer de la vessie et 180 du cancer de l’estomac.

Dans la même période, les responsables de la direction de la santé ont annoncé que sur les 2420 femmes, 995 ont été atteintes du cancer du sein, 366 du cancer de la vésicule biliaire, 281 du cancer du col utérin, 91 du cancer de l’estomac et 81 du cancer des ovaires.

Dans son dernier rapport de 2017, le directeur de la santé de Mascara écrit : Le nombre de cas de cancers identifiés en 2016 est de 489, dont 43,35% chez les hommes et 56,64% chez les femmes.

En 2015, le nombre de nouveaux cas était de plus de 500. La progression alarmante des cas de cancers dans la région de Mascara a été qualifiée par de nombreux spécialistes de la santé des secteurs public et privé d’«inquiétante».

Devant l’ampleur que prend cette maladie qui plonge autant de familles dans la peine et le désarroi, le Gouvernement a «pris soin» d’annuler tout simplement le projet du Centre anti-cancer (CAC), inscrit en 2015, durant la période de l’ex-wali, Ouled Salah Zitouni, pour un budget de 10 milliards de cts.

Un praticien de la santé, qui a qualifié la décision d’annulation du projet du CAC de Mascara d’«irréfléchie», nous a déclaré que «le Centre anticancer de Mascara aura permis de désengorger le CHU d’Oran, de prendre en charge de façon adéquate les patients des wilayas de Mascara, Saïda et Tiaret et de jouer son rôle de prévention et de dépistage précoce du cancer».

Souag Abdelouahab

Journaliste et chef de bureau du journal El Watan à Mascara.

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Menaces sur la biodiversité de la zone humide la Macta

En l’absence d’action dirigée, il sera de plus en plus difficile de récupérer les espaces naturels dégradés. Face à la tendance évolutive actuelle, la dégradation de la zone humide de la Macta pourra être bientôt irréversible.

En l’absence d’action dirigée, il sera de plus en plus difficile de récupérer les espaces naturels dégradés. Face à la tendance évolutive actuelle, la dégradation de la zone humide de la Macta pourra être bientôt irréversible.

Ce vendredi 2 février 2018, c’est la Journée mondiale des zones humides (JMZH). Comme chaque année, les spécialistes tirent fort la sonnette d’alarme sur l’état inquiétant dans lequel se trouvent de nombreuses zones humides qui ne cessent de régresser pour ne pas dire disparaître ! C’est le cas de la zone humide de la Macta, située à Mascara.

Classés, le 2 février 2001, sur la liste des zones humides à protéger par la Convention Ramsar à laquelle l’Algérie a adhéré en 1982, les marais de la Macta qui sont localisés à 17 km de la ville de Mohammadia (43 km de Mascara) s’étendent sur une superficie globale de 44 500 hectares et chevauchent sur trois wilayas.

La plus grande partie se trouve sur le territoire de Mascara, avec 42 139 hectares, soit 94,70% de la superficie des marais de la Macta répartie sur sept communes de la wilaya, à savoir Alaïmia, Bouhenni, Macta Douz, Mohammadia, Sig, Ras Aïn Amirouche et Sidi Abdelmoumène.

Le reste de la superficie est partagé entre la wilaya d’Oran (Mers El Hadjadj et Bethioua) avec 1436 hectares, soit 3,22%, et la wilaya de Mostaganem (Fornaka) avec 925 hectares, soit 2,08%. «Les marais de la Macta représentent un type de zone humide rare en Afrique du Nord en raison de la diversité des milieux qu’ils renferment et notamment les sansouires qui rappellent les milieux de la Camargue en France.

Ce site est unique en Algérie de par la présence d’une diversité de groupements de salsolacées annuelles qu’ils renferment et qui forment rarement de telles associations dans d’autres régions», lit-on dans un document de la Direction générale des Forêts. Et d’ajouter : «Les marais de la Macta abritent une grande diversité biologique, on y retrouve une grande variété d’espèces végétales halophiles, de nombreux invertébrés ainsi que des poissons.

Des ornithologues étrangers ont recensés pas moins de 47 espèces d’oiseaux d’eau dont 17 limicoles, 11 espèces marines et 16 espèces de rapaces ainsi que de nombreuses espèces terrestres, y compris celles qui sont rares telles que l’outarde canepetière et la sarcelle marbrée. La présence d’une végétation importante permet la nidification de nombreuses espèces telles que la poule sultane, le butor étoilé et le héron pourpré.

La nidification de certaines espèces a été confirmée par le passé comme la sarcelle marbrée et le tadorne casarca. L’outarde canepetière y était présente toute l’année ainsi que le flamant rose. Les poissons de cette région sont représentés par l’anguille qui pénètre dans cette zone en raison de l’embouchure de l’oued qui débouche dans la mer Méditerranée, ainsi que la carpe, le barbeau et la gambuse.

De nombreux amphibiens et reptiles y sont également présents». La zone humide de la Macta est réputée, selon un document officiel, «pour l’avifaune (représentée par 33 espèces réparties sur 9 familles) qui émigre, particulièrement durant la période hivernale ; cette zone est un refuge parfait pour la nidification de nombreux sédentaires». Ainsi, «elle regroupe une végétation diversifiée assez homogène et couvre un taux élevé de la superficie totale. Les espèces faunistiques y trouvent un lieu de reproduction et de repos.»

Perte

Mais toute cette richesse en biodiversité est menacée de destruction. «La zone humide et son environnement subissent une perte de la diversité biologique très grave due à trois contraintes : deux d’origine naturelle (conditions édaphiques et le climat) et la troisième liée aux activités humaines concentrées dans le parcours et le défrichement», révèle un bureau d’étude, en l’occurrence MATH Constantine, dans son projet d’étude d’aménagement de la zone humide de la Macta.

La menace vient surtout des futurs projets d’infrastructures que prévoient d’entreprendre les pouvoirs publics sur la zone humide de la Macta, notamment une nouvelle liaison ferroviaire entre Mostaganem et Mers El Hadjadj (Oran), sur une longueur de 27 km, et du port de la Macta.

Ces deux projets dits de développement, portent, sans doute, atteinte à l’intégralité de l’écosystème de la zone humide de Mascara qui se traduit par la destruction pure et simple de la faune et la flore. Le projet du port de la Macta prévu dans le Schéma directeur de l’aire métropolitaine (SDAAM) d’Oran, selon l’auteur de l’étude, «aura un impact direct sur les valeurs écologiques les plus importantes qui se concentrent à l’embouchure de la Macta où les plans d’eau sont permanents et les zones de marais les plus importants».

Et d’ajouter : «Le projet interrompra également l’interface entre la zone humide et la mer Méditerranée, modifiant ainsi les aspects fonctionnels de l’écosystème existant. La perte de connectivité entre les écosystèmes marins et ceux de la zone humide sera aggravée, empêchant la montée de migrateurs comme l’anguille et provoquant des déséquilibres importants dans les communautés végétales».

De son côté, le projet d’une nouvelle liaison ferroviaire entre Mostaganem et Mers El Hadjadj (Oran) contribuera grandement à la dégradation de l’écosystème de la zone humide. En sus des menaces qu’elle encourt, d’autres contraintes sont à l’origine de la dégradation des habitats de la zone humide de la Macta. Parmi elles, les rejets des eaux usées domestiques et industrielles qui coulent dans les oueds et qui sont véhiculées automatiquement vers la zone humide. Le cas de l’oued de Sig, considéré comme «la principale source de pollutions».

En plus, des spécialistes de l’environnement ont tiré la sonnette d’alarme sur la multiplication des décharges sauvages qui présentent de sérieuses menaces à la conservation de la Macta. Le rapport du bureau d’étude révèle l’existence de nombreuses décharges illégales qui «constituent une pression directe sur la zone humide, notamment pour la contamination des sols et de la nappe phréatique par les lixiviats».

Déchets

Dans un autre document, nous pouvons lire : «La zone humide est exposée à des menaces d’origine endogène (salinisation, érosion hydrique et érosion éolienne) ou encore face à des perturbations exogènes le cas de pompage, pâturage et pollution». En sus, «la Macta regroupe un total de 25 décharges dont 8 sauvages et 7 autorisées mais non classées.

Ces sites reçoivent tous types de déchets sans tri ou traitement préalable». L’auteur de l’étude révèle, en outre, que «les valeurs écologiques des marais de la Macta sont menacées par une pression démographique grandissante et par l’occurrence de phénomènes météorologiques extrêmes, avec de longues périodes de sécheresse et des pointes de précipitations et de crues.

Ainsi, l’apport important de sédiments dans la plaine de la Macta contribue à l’envasement progressif des drains et plans d’eau existants, avec une perte conséquente du volume et des surfaces d’eau. Les rejets d’eaux usées, d’origine domestique et industrielle dans les principaux drains de la plaine de la Macta, certaines sans traitement préalable, contribuent à la dégradation de la qualité de l’eau du réseau hydrique et aquifère qui alimente la zone humide.»

L’ex-wali de Mascara, Ouled Salah Zitouni, par le biais d’un document adressé aux walis d’Oran et Mostaganem, a souligné qu’«au vu de son implantation géographique et l’importance de la richesse écologique qu’elle renferme en faune et en flore, la prise en charge de la zone humide de la Macta appelle une contribution solidaire des services techniques des trois wilayas (Mascara, Oran et Mostaganem) concernées par son étendue géographique pour sa protection de toute agression et sa préservation en permanence».

A cet effet, un budget de 10 millions de dinars environ a été dégagé par la wilaya de Mascara pour la réalisation d’une étude — programme 2013 — relative à l’aménagement de cette zone qui a été confiée au bureau d’étude MATH Constantine qui vient d’achever la quatrième étude dont le rapport est en discussion.

«Le projet d’étude d’aménagement de la zone humide de la Macta a pour objectif l’aménagement et la mise en valeur du site pour la conservation de la zone humide dans le cadre du développement durable», lit-on. En outre, le rédacteur de l’étude a tenu à souligner qu’«en l’absence d’action dirigée, il sera de plus en plus difficile de récupérer les espaces naturels dégradés. Face à la tendance évolutive actuelle, la dégradation de la zone humide de la Macta pourra être bientôt irréversible.»

A titre de rappel, le 16 octobre 1983, sept scientifiques belges, français, hollandais ont alerté le wali d’Oran sur «les sérieux problèmes» que connaît la Macta. Ils lui ont demandé «d’interdire toute circulation du public et des animaux domestiques dans la forêt des dunes de la Macta, d’interdire les décharges d’immondices dans les milieux de grand intérêt biologique et de remplacer la lutte chimique contre les moustiques par une lutte biologique en introduisant un poisson, tel le gambusie capable de s’attaquer au larves des moustiques.»

Souag Abdelouahab, journaliste El WatanBureau de Mascara

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